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Les revers du progrès
ou chronique d'un drame annoncé.
de Laurence Lacour

Depuis dix ans, j'interroge ici et là : « Que savez-vous de l'affaire du sang contaminé ? ». Souvent, on me dit : « … il fallait chauffer le sang et on ne l'a pas fait pour des raisons économiques…». Cette ignorance confondante, en regard de son impact sur toute la société, a longtemps attisé mon désir d'approfondir ce dossier pour mettre au jour ses mécanismes et enjeux. "Comprendre sans inculper ni disculper" selon la phrase du philosophe Paul Ricoeur dont l'esprit m'a guidée dans cette longue enquête. Pour cela, je suis remontée aux sources de l'histoire attestée par les nombreux écrits de l'époque. Loin des mémoires sélectives, des glorioles ou des accusations opportunistes, j'ai vu alors émerger, de l'après-guerre aux années 80, la formidable épopée des combats pour le progrès médical et les libertés sexuelles contribuant hélas à diffuser mondialement une nouvelle maladie : le sida.
Toute histoire a un début. Celle-ci débute avec la guerre de 14-18 quand les mitrailleuses fauchent d'un coup
des dizaines d'hommes. Dans l'urgence, des médecins bricolent un tuyau et une pompe pour transfuser le sang d'un valide à un agonisant. La transfusion sanguine est née marquée par de multiples accidents dus à la méconnaissance des groupes sanguins. Mais pour les survivants, l'effet immédiat relève du miracle à tel point qu'on parle de "ressuscitation". Entre les deux guerres, la technique s'applique dans quelques hôpitaux à l'aide de donneurs payés et réquisitionnés lors d'un accouchement difficile ou d'une hémorragie gastrique. Puis, le gouvernement de Vichy renforce le statut des donneurs rémunérés appâtés par de solides avantages ; exemption du STO ou bons d'essence. En face, dans la clandestinité, la Résistance sollicite de courageux volontaires pour déjouer la surveillance du corps médical tenu de signaler toute blessure par balle. C'est sur ce fort clivage entre "rémunérés-collabos et bénévolesrésistants " que va s'ériger la transfusion moderne. Sa loi fondatrice de 1952 écrite par d'anciens médecins résistants consacre la gratuité du sang et son traitement sans profit, comme symbole de paix et d'humanité. A l'opposé, les Etats-Unis se dotent d'une industrie du sang régie par la loi du marché pour assurer les besoins en cas de nouveaux conflits – notamment atomique - ou de catastrophe à échelle industrielle.
La nouvelle spécialité médicale va évoluer avec les soins déjà marqués par l'arrivée des antibiotiques et des sulfamides. Parmi les patients bénéficiant de transfusions, les hémophiles vont vite se regrouper pour faire valoir leur droit à être bien soignés. L'hémophilie est un trouble rare de la coagulation affectant seulement les hommes, victimes d'hémorragies externes ou internes notamment dans les articulations. De ce fait, ce sont de grands invalides. D'abord traités par des transfusions de bras à bras, ils ont reçu ensuite du plasma, frais ou congelé, présentant moins d'effets secondaires. Soutenus par le Centre national de transfusion sanguine (CNTS), ils fondent l'association française des hémophiles (AFH) puis la fédération mondiale basée à Montréal. Patients et médecins vivent alors un âge d'or fait d'entraide et de découvertes. En 1968, est introduit un plasma lyophilisé, présenté en flacon, à reconstituer avec de l'eau stérile. Ce produit révolutionnaire, à garder chez soi, libère peu à peu le patient de ses visites souvent hebdomadaires à l'hôpital ou au centre de transfusion.
A la même époque, la chirurgie consomme toujours plus de sang désormais fractionné en ses divers
composants : globules rouges, plaquettes et plasma lui-même divisé en albumine, anticorps, protéines de coagulation. La demande flambe mais l'offre ne suit pas. L'industrie pharmaceutique nordaméricaine s'empare de cette matière première, raffinée comme le pétrole, à la recherche de volumes importants. On ira donc prélever les plus pauvres prêts à vendre leur plasma. Du nord au sud des Amériques, des prisons aux banlieues défavorisées, une "clientèle" mal nourrie et mal soignée va vendre son plasma sans conscience du risque pour sa propre santé et celle du receveur. On évaluera bientôt les produits issus de ces milieux dix fois plus risqués pour la transmission du virus de l'hépatite B. En cause, la " matière première " mais aussi le mode de fabrication d'un autre produit antihémophilique révolutionnaire, concentré en quelques millilitres, et injectable d'un coup de seringue au lieu d'interminables perfusions. Pour obtenir cette concentration, le plasma est versé dans de grandes cuves où un seul virus contenu dans une poche contamine l'ensemble du lot. Toutefois médecins et patients acceptent ce risque, contrepartie du progrès. Informés, les hémophiles européens réclament l'importation de ces produits que la transfusion artisanale ne peut leur fournir. Ces revendications se heurtent à la défiance des transfuseurs soucieux de préserver le donneur de sang bénévole, sacralisé, et de limiter les risques infectieux pour le patient. Soucieuse d'amélioration thérapeutique, l'association française des hémophiles (AFH) engage, au début des années 80, un bras de fer avec son partenaire historique, la transfusion sanguine.  [ => suite du document ]
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